Webconférence
Accueil du site > Etudiant en neurochirurgie > Documents > Livre Neurochirurgie > Tumeurs gliales intraventriculaires

Tumeurs gliales intraventriculaires

B Leriche, H.Belliard, F.X. Roux

I - PAPILLOME CHOROIDIEN

Les papillomes des plexus choroïdes représentent moins de 1 % des tumeurs cérébrales. Il s’agit essentiellement d’une tumeur de l’enfant, avec une fréquence élevée dans les deux premières années de la vie (STROOBAND, 1988) et particulièrement dans les six premiers mois de la vie. Le diagnostic anténatal n’est pas rare (EVRARD, 1984). En raison de leur nature bénigne et de leur localisation ventriculaire, il est possible de les opérer avec l’espoir d’une exérèse totale et de l’absence de récidive.

A. Anatomie pathologiqueLe papillome choroïdien est le plus souvent bénin, mais les formes malignes ne sont pas exceptionnelles, représentant selon les séries, un pourcentage de 10 à 25 %. Néanmoins, la confusion est possible entre papillome malin et métastase viscérale.

La caractéristique essentielle des papillomes choroïdiens est d’être localisés dans une cavité ventriculaire et d’être associés à une dilatation ventriculaire. Avant l’âge de 15 ans, ils sont en général inclus dans un ventricule latéral, alors que les localisations dans le IIIème ventricule, dans le IVème et dans l’angle ponto-cérébelleux, se voient plutôt chez l’adulte. Des formes bilatérales ont été décrites.

1. MacroscopiquementIls se présentent comme des tumeurs d’aspect rougêatre, papillomateux (qui les ont fait comparer à des choux-fleurs) et sont bien limités, insérés sur un plexus choroïde. Ils sont en général mous, friables, vascularisés, mais des micro-calcifications sont retrouvées dans 20 % des cas (McGIRR, 1988)de même que des hémorragies intratumorales (BOYD, 1987).

2. MicroscopiquementLa tumeur typique se présente comme un plexus choroïde très développé, avec une architecture papillaire. Un épithélium cuboïdal continu tapisse les axes conjonctivo-vasculaires qui sont très ramifiés. Il n’y a pas de mitoses, en revanche possibilité de microcalcifications (figure 1).

Un aspect atypique se rencontre dans 25 % des cas, représenté : soit par une différenciation épendymaire dont la nature reste bénigne, soit par une perte de la régularité de l’architecture papillaire, une proportion excessive de mitoses et une tendance à infilter le parenchyme avoisinant, aspect évoquant un potentiel malin et dénommé carcinome (PACKER, 1992).

Le distinction entre papillome choroïdien et carcinome des plexus choroïdes, n’est jamais évidente et l’enjeu de cette distinction est important, en particulier chez l’enfant où le recours à une irradiation post-opératoire ou une chimiothérapie peut être fonctionnellement dramatique.

Par ailleurs, une métastase d’adénocarcinome peut se confondre avec un carcinome choroïdien.

Une étude immunohistochimique associée à l’examen histologique permet de mieux différencer les tumeurs papillaires du système nerveux central (ANG, 1990).

3. Une hydrocéphalieUne hydrocéphalie est habituellement observée dans les papillomes et elle affecte habituellemet la totalité du système ventriculaire ; elle peut même s’étendre aux citernes de la base, voire même aux espaces sous-arachnoïdiens de la convexité. Plusieurs mécanismes sont susceptibles d’expliquer une telle dilatation ventriculaire ou cisternale :
- le blocage de la circulation liquidienne par la tumeur elle même, excluant la totalité des ventricules latéraux lorsqu’elle siège dans le IIIème ou le IVème ventricule, ou simplement une corne ventriculaire exclue dans un papillome de ventricule latéral.
- l’hypersécrétion de L.C.S. constitue également une explication de certaines formes d’hydrocéphalie que la localisaiton du papillome n’explique pas. Diverses études, telles que mesure du débit d’une dérivation interne (BARGE, 1976) ou le test de perfusion lombaire (EISENBERG, 1974 ; STROOBANDT, 1988) permettent d’estimer que la quantité secrétée peut atteindre cinq fois la valeur normale.
- l’obstacle peut enfin affecter les villosités arachnoïdiennes, comme le laisse penser la dilatation des espaces sous-arachnoïdiens de la convexité dans certains cas (EISENBERG, 1974 ; MATSON, 1960). L’hyperprotéinorachie fréquente lors des papillomes des citernes de la base serait la cause de cet obstacle.

B. CliniqueLa symptomatologie d’appel est différente selon l’âge.

1. Chez le nourrisson et le jeune enfant.Le tableau clinique est dominé par l’hydrocéphalie. L’origine tumorale de cette hydrocépahlie ne constitue plus, avec l’usage du scanner, une difficulté diagnostique. De le même façon, il devient possible et fréquent maintenant de diagnostiquer en période anténatale, par échographie, une hydrocéphalie tumorale.

En général, l’hydrocéphalie est le seul symptôme et lorsque s’associent des signes d’atteinte neurologique focale, il convient de redouter l’existence d’un carcinome choroïdien (PACKER, 1992).

2. Chez l’adolescent et l’adulte.Le tableau clinique est celui d’une hypertension intracrânienne à laquelle peuvent s’ajouter des signes focaux, fonctions de la topographie lésionnelle (exclusion d’une corne occipitale, avec atteinte du champ visuel par exemple).

C. Techniques et indications thérapeutiquesLa première intervention sur papillome choroïdien aurait été effectuée en 1902, sans succès par BIELSCHOWSKY . Par la suite, les séries publiées (BOHM, 1961) font état de nets progrès, mais la mortalité péri-opératoire reste importante : 62 % pour les tumeurs des ventricules latéraux, et 27 % pour celles du IVème ventricule. La ventriculographie diagnostique pré-opératoire, par sa gravité, contribuait à cette importante mortalité.

Le développement des explorations neuroradiologiques telles que scanner et I.R.M., ainsi que des moyens techniques opératoires (microscope, coagulation bipolaire, laser) a considérablement diminué la morbidité et la mortalité opératoire.

1. L’exérèse chirurgiicale totaleElle constitue le traitement de choix du papillome. Le choix de l’abord est conditionné par la localisation de la tumeur, abord facilité par la taille importante de la ou des cavités ventriculaires :
- abord direct des ventricules latéraux,
- abord frontal trans ventriculaire du IIIème ventricule,
- abord par craniectomie occipitale du IVème ventricule ou de l’angle ponto-cérébelleux.

La fragmentation de la tumeur est facilitée par son caractère friable, l’hémostase étant faite pas à pas. Le pôle d’insertion de la tumeur est souvent de petite taille, sur un plexus normal, qui est facilement réséqué. Il est nécessaire de prendre bien soin d’explorer les récessus latéraux dans une tumeur du IVème ventricule de façon à s’assurer d’une exérèse complète. Un pédicule d’insertion large, adhérant à l’épendyme ou l’infiltrant, doit faire suspecter un carcinome et attirer l’attention de l’anatomopathologiste.

2. La biopsieEn conditions stéréotaxiques, ou par endoscopie, elle ne peut se justifier qu’en présence d’une tumeur de petite taille, d’aspect radiologique non caractéristique.

3. La dérivation ventriculaireElle constitue une modalité thérapeutique d’appoint dont les conditions d’utilisation sont très controversées. Les travaux les plus récents (BOYD, 1987 ; EISENBERG, 1974 ; MATSON, 1960) estiment préférable d’opérer directement les tumeurs des ventricules latéraux et de ne réserver la dérivation ventriculaire qu’aux hydrocéphalies post-opératoires persistantes. En revanche, la dérivation ventriculaire pré-opératoire est appréciée lorsqu’il s’agit d’une tumeur du IIIème ventricule ou IVème ventricule, derivation (RAIMONDI, 1975) que certains enlèvent 4 à 5 jours après l’intervention d’exérèse afin d’éviter une hypotension ventriculaire et la formation d’hydromes sous-duraux chroniques. Ce risque peut être de nos jours limité par l’utilisation de valves programmables (Médos *, Sophysa *).

Le collapsus cérébral et la formation de larges collections de l’espace sous dural constituent les complications habituelles de la chirurgie de ces tumeurs intra-ventriculaires : pour BOYD, une collection sous dural de ce type résulte de la persistance d’une fistule ventriculo-sous durale (BOYD, 1987) et justifie d’en tenter la fermeture par une fine suture piale ou l’application de colle biologique.

4. La radiothérapie ou la chimiothérapieElles ne peuvent se justifier qu’avec l’absolue certitude d’un carcinome choroïdien, après donc étude histologique et histochimique de l’ensemble de la pièce opératoire. Le risque d’essaimage cellulaire par voie liquidienne et de greffes secondaires losque la tumeur est maligne, a conduit à proposer des irradiations névraxiques complètes et de la chimiothérapie (PACKER, 1992) avec les lourds risques de séquelles intellectuelles et endocriniennes majeures que cela comporte en particulier chez l’enfant.

La radiothérapie est également employée par certaines équipes (McGIRR, 1988) lorsque se présentent des récidives après résection tumorale large. Dans ce cas, l’irradiation est focalisée, et il n’y a aucun justificatif pour une irradiation globale névraxique. Les doses délivrées sont de 50 à 55 grays, semblables à celles recommandées pour les épendymomes intracrâniens. Cette étude concerne essentiellement des adultes.

E. RésultatsLa chirurgie des papillomes choroïdiens reste grevée d’une morbidité et d’une mortalité post-opératoire de l’ordre de 10 % dans les séries les plus récentes (BOYD, 1987 ; McGIRR, 1988), mais qui associent enfants et adultes, papillomes et carcinomes. Les meilleurs résultats concernent les jeunes enfants dont la tumeur a pu être enlevée en totalité et dont le diagnostic a été précoce, avant que ne soient survenues les conséquences dommageables d’une hydrocéphalie très active.

Le pronostic des carcinomes choroïdiens reste sombre ; la série la plus récente concerne 11 enfants dont 5 sont vivants, en rémission complète à quatre ans du diagnostic (PACKER, 1992), au prix d’une association radiothérapie et chimiothérapie. La rareté de ces tumeurs (moins de 20 cas par an aux Etats Unis) et la complexité de leur analyse histologique expliquent l’absence de protocole thérapeutique bien codifié.

II - KYSTE COLLOIDE

Le kyste colloïde représente entre 0,5 et 2 % des néoformations intracérébrales.

Cette tumeur qui est la plus fréquente des tumeurs du 3ème ventricule, se situe dans la très grande majorité des cas, à la partie supérieure et antérieure du 3ème ventricule, sur la ligne médiane, entre les trous de Monro. Exceptionnellement, elle a été décrite à la partie postérieure du 3ème ventricule.

A. Anatomie pathologiqueLa dimension de la lésion est variable, allant de quelques millimètres à plusieurs centimètres, certains kystes très volumineux atteignant la commissure postérieure, voire emplissant le 3ème ventricule. Mais la dimension la plus fréquente est de l’ordre d’un à deux centimètres de diamètre, taille à laquelle le kyste obture les trous de Monro et se manifeste cliniquerment.

L’origine de ces kystes dysembryoplasiques, neuroectodermique et endodermique surtout, est controversée (LACH, 1993) : bien que congénitaux, il se manifestent surtout à l’âge adulte, s’ils doivent se manifester.

1. MacroscopiquementLe kyste colloïde de forme arrondie, est constitué d’une paroi fine, claire, translucide même. Il renferme une substance gélatineuse, de densité variable, de consistance élastique, mais de fluidité variable, ce qui peut rendre difficile son évacuation par ponction.

2. MicroscopiquementLa paroi est constituée d’une capsule conjonctive recouverte d’un épithélium uni ou pluristratifié, fait de cellules cubiques ou cylindriques, qui peuvent être ciliées. Le contenu, muqueux, riche en glucides, expliquant la réaction PAS +, est acellulaire, et peut contenir parfois des microcalcifications.

3. Les rapports anatomiquesLes rapports anatomiques de cette lésion sont importants à considérer, rendant compte des difficultés de l’abord chirurtgical direct . Le kyste colloïde est en rapport étroit essentiellement avec :

- la partie toute antérieure du 3ème ventriculeil est en général appendu au revêtement épendymaire de la cavité ventriculaire, entre les deux piliers antérieurs du trigone, au dessus de la commissureblanche antérieure ou au niveau de la partie toute antérieure du corps du trigone.

- les trous de Monroles trous de Monro dont les bords antérieurs sont constitués des piliers antérieurs du trigone, et les bords postérieurs du thalamus.

- les plexus choroïdesles plexus choroïdes, pairs et paramédians, qui cheminent à la voûte du 3ème ventricule, et franchissent les trous de Monro où ils continuent par les plexus choroïdes latéraux.

- les veines profondesles veines profondes, constituées par les affluents des veines cérébrales internes que sont la veine septale, la veine thalamostriée et la veine choroïdienne supérieure. Ces trous affluents s’unissent juste en arrière du trou de Monro.

Ces différentes sturctures ont un rôle physiologique essentiel, en particulier le trigone qui fait partie intégrante du rhinencéphale non olfactif, et qui représente un faisceau de liaison d’une importance fonctionnelle considérable entre l’hippocampe et toute une série de structures majeures notamment corps mamillaires et certains noyaux du thalamus.

A ce titre, parce qu’il constitue l’un des éléments du système hippocampo-mamillaire intervenant de façon primordiale dans l’organisation de la mémoire, le trigone assure la fixation des informations reçues par les différents systèmes corticaux, qui eux n’assurent qu’une rétention immédiate. Une liaison, établie temporairement au niveau cortical, peut grâce à ce circuit privilégié, devenir durable. C’est dire combien une lésion du trigone peut être à l’origine de troubles mnésiques de type korsakovien. Néanmoins, une lésion purement unilatérale peut être à l’origine de troubles de la mémoire modérés et transitoires.

B. CliniqueTrois ordres de symptômes peuvent faire évoquer l’existence d’un kyste colloïde :
- attaques paroxystiques de céphalées et de dérobement des membres inférieurs associées à une stase papillaire. La mort subite est possible lors d’une attaque paroxystique de ce type.
- tableau de démence accompagnée de céphalées et de stase papillaire.
- tableau d’hypertension intracrânienne sans signes de localisation.

C. Exploration neuroradiologique1. Les radiographies standards du crâneElles ne mettent en évidence aucun signe spécifique d’un kyste colloide.

2 .L’examen tomodensitométriqueIl constitue l’examen de choix, de première intention, qui met en évidence la lésion et les conséquences de la lésion sur les cavités ventriculaires.
- Présence d’une hydrocéphalie intéressant les ventricules latéraux, épargnant le 3ème ventricule. Cette dilatation ventriculaire peut être unilatérale.
- Présence de signes éventuels de résorption transépendymaire du L.C.S., caractérisée par des hypodensités périventriculaires prédominant autour des cornes frontales et autour des cornes occipitales.
- L’aspect habituel au scanner du kyste colloïde est celui d’une masse arrondie entre les trous de Monro, dont la densité, égale ou supérieure à celle du parenchyme cérébral, augmente de façon homogène et modérée après injection de produit de contraste (Figure 2).

Très rarement peuvent être visualisées des microcalcifications. Une hyperdensité soutenue serait en faveur d’une plus grande viscosité du contenu liquidien du kyste (RIVAS, 1985).

3. La résonance magnétique nucléaireElle améliore la précision du diagnostic topographique du kyste et de son environnement par la possibilité de réalisation d’images en plusieurs plans. La résonance du kyste est en général très supérieure à celle du L.C.S., tant en séquence T1 qu’en séquence T2 (figure 2A et 2B). Il est parfois signalé la présence d’une image intra-kystique murale, à la martie inférieure du kyste, de résonance identique à celle du parenchyme cérébral en T1 comme en T2 (PERAGUT, 1990).

4. L’angiographie carotidienneElle offre un double intérêt dès lors qu’un geste thérapeutique est envisagé :
- de façon à établir une cartographie vasculaire, en particulier des veines profondes,
- afin d’éliminer une malformation vasculaire régionale qui exceptionnellement peut prendre certains aspects de kyste colloïde, tel un anévrysme artérioveineux encapsulé de la toile choroïdienne.

Elle doit bien entendu constituer le premier geste d’investigation radiologique lors d’un repérage en condition stéréotaxique.

D. Techniques thérapeutiquesL’indication de traitement chirurgical d’un kyste colloïde, quelqu’en soit la méthode, ne se discute pas dès lors que la symptomatologie révélatrice est une symptomatologie d’hypertension intracrânienne. En revanche, la découverte fortuite d’un kyste colloïde, sans dilatation ventriculaire, ne justifie pas de geste thérapeutique.

1. Les méthodes thérapeutiques chirurgicalesLes méthodes thérapeutiques proposées sont chirurgicales. Deux ordres de techniques peuvent être envisagées :
- l’abord direct du kyste et son évacuation, voire sa résection :

. par simple ponction en condition stéréotaxique,

. par abord microchirurgical (guidé par stéréotaxie, par endoscopie ou par les deux)

. par abord chirurgical transcalleux ou transfrontal.
- le traitement de la dilatation ventriculaire par dérivation.

- La ponction simple en condition stéréotaxiqueAprès réalisation d’une angiographie en condition stéréotaxique, l’I.R.M. ayant remplacé la ventriculographie pour l’identification des contours du kyste, une aiguille de ponction est introduite en paramédian au niveau de la suture coronale. La ponction du kyste est suivie d’une aspiration douce du contenu. Cette technique se heurte à deux difficultés : la nécessité de ponctionner la paroi souvent assez dure d’une cible mobile car pédiculée, fuyant devant l’aiguille, risquant un arrachement des veines de voisinage d’une part ; la nécessité d’employer un trocart de ponction d’un calibre suffisant pour aspirer un contenu colloïde dense et visqueux. La soustraction est donc souvent insuffisante, explique la relative fréquence des récidives (MATHIESEN, 1993) et l’utilisation préférentielle des deux méthodes suivantes.

- L’abord microchirurgical du kysteLa tête est fixée dans un cadre stéréotaxique et les investigations angiographiques et ventriculographiques sont effectuées comme précédemment. Après détermination d’un trajet d’approche, par une petite crâniotomie est introduit dans une corne frontale de préférence droite, un gros trocart rigide permettant l’introduction d’un microsuceur, de microforceps, de fibre laser. L’intervention est effectuée au microscope sous fort grossissement (KELLY, 1992).

L’utilisation d’un endoscope, rigide ou souple, permettant également l’introduction d’une canule aspirante et d’une fibre laser, a la faveur de certains opérateurs (MERIENNE , 1992).

L’intervention doit largement ouvrir la paroi du kyste en respectant scrupuleusement les veines thalamostriées, évacuer le maximum de contenu kystique, et favoriser la rétraction de la poche. L’utilisation de la fibre laser facilite considérablement ce geste de coagulation et de rétraction de la paroi kystique, limitant ainsi le risque de récidive.

- L’abord chirurgical transfrontal ou transcalleuxCet abord chirurgical est quelque peu tombé en désuétude depuis l’introduction de la chirurgie en condition stéréotaxique. Le première description de cette intervention a été faite par DANDY en 1933 , à propos de 5 cas (DANDY, 1933).

Techniquement difficile, imposant une expérience neurochirurgicale importante, cet abord du trou de Monro est proposé, soit à travers le lobe frontal jusqu’à la corne ventriculaire frontale du côté non dominant, soit par une voie paramédiane à travers le corps calleux. L’ouverture de la cavité ventriculaire, distendue, est simple mais la résection du kyste et de sa base d’implantation est périlleuse.

Les dangers majeurs en effet sont représentés par la proximité des veines qui, impérativement doivent être respectées, et surtout par le pilier antérieur du trigone qui constitue le bord du trou de Monro, et que la simple traction ou pression est susceptible de lèser entraînant des séquelles mnésiques. Néanmoins, les conséquences d’une lésion strictement unilatérale semblent acceptables (LAINE, 1980).

- La dérivation ventriculaireLe fait que le traitement chirurgical ne soit pas exempt de complications, que le traitement stéréotaxique puisse être incomplet, voire inefficace, en fonction de la densité du liquide kystique et justifier la mise en place d’une dérivation ventriculaire, légitime l’attitude de certaines équipes de ne recourir comme traitement qu’à la seule dérivation par valve (CREISSARD, 1981).

Il apparaît que la très grande majorité des kystes colloïdes n’est pas évolutive en taille et ceci avec des reculs atteignant 15 ans et plus, et que donc la symptomatologie est en rapport avec l’hydrocéphalie.

La question technique concerne alors le type de dérivation à mettre en place dans la mesure où, en général, ce sont les deux trous de Monro qui sont obstrués par la tumeur. La dérivation ventriculaire bilatérale apparaît comme la solution de sagesse.

E. Indications chirurgicalesUn kyste colloïde du 3ème ventricule, à l’origine d’un syndrome d’hypertension intracrânienne par hydrocéphalie, impose un traitement chirurgical.

Selon le degré d’urgence de l’hypertension intracrânienne et en fonction des caractéristiques techniques des Unités de Soins, sera choisie :
- soit la mise en place d’une dérivation ventriculaire suivie éventuellement d’un abord direct microchirurgical en condition stéréotaxique, avec le recours possible de l’endoscopie,
- soit l’abord direct par voie microchirurgicale en condition stéréotaxique.

F. RésultatsLes premières séries de kystes colloïdes qui ont fait l’objet de travaux comportaient une très forte mortalité post-opératoire, se situant entre 15 % et 18 % (ANTUNES, 1980) à laquelle il convient d’ajouter les importantes complications fonctionnelles, en particulier mnésiques. L’apport de la microchirurgie, associée ou non à la stéréotaxie et à l’endoscopie, a totalement modifié le pronostic de cette affection, avec une mortalité nulle et des complications mineures, plus souvent en rapport avec la technique d’abord (hématome sous dural) qu’avec des lésions intraventriculaires (ABERNATHEY, 1989 ; MOHADJER, 1987 ; RIVAS, 1985). Néanmoins, la possibilité de récidive n’est pas à exclure dans les ponctions-aspirations, ce qui justifie le recours associé ou isolé à la dérivation ventriculaire (MATHIESEN, 1993 ; CREISSARD, 1981).

BIBLIOGRAPHIE

1 - Abernathey CD, Davis DH, Kelly P : Treatment of colloid cysts of the third ventricle by stereotaxic microsurgical laser craniotomy. J Neurosurg 70 : 525-529, 1989

2 - Ang LC, Path MRC, Taylor AR et al : An immunuhistochemical study of papillary tumors in Central Nervous System. Cancer 65 : 2712-2719, 1990

3 - Antunes JL, Louis KM, Ganti SR : Colloids cysts of the third ventrile. Neurosurgery 7 : 450-455, 1980

4 - Barge M, Benabid AL, De Rougemont J et al : L’hyperproduction de L.C.R dans les papillomes du plexus choroïde de l’enfant. Neurochirurgie 22 : 639-644, 1976

5 - Bohm E, Strang R : Choroid plexus papilloma. J Neurosurg 18 : 493-500, 1961

6 - Boyd MC, Steinbock P : Choroid plexus tumors : problmes in diagnosis and management . J Neurosurg 66 : 800-805, 1987

7 - Creissard P, Godlewski J, Tadie M et al : Faut-il aborder les kystes colloïdes du 3ème ventricule. Neurochirurgie 27 : 225-228, 1981

8 - Dandy WE : Benign Tumors in the Third Ventricle of the brain : diagnosis and treatment. Springfield, III, Charles C. Thomas 1933

9 - Eisenberg HW, Mac Colomb G, Lorenzo AV : cerebrospinal fluid over production and hydrocephalus associated with choroid plexus papilloma. J Neurosurg 40 : 381-385, 1974

10 - Evrard P, Belpaire MC et al. : Diagnostic anténatal des affections du système nerveux central. J Fr Echogr 2 : 123-126, 1984

11 - Kelly PJ : Computer assisted stereotaxic laser microsurgery, in Apuzzo M.L. (ed) : Surgery of the third ventricle. Baltimore : Williams and Wilkins, 1987, pp811-828

12 - Kelly PJ, Regli NRF., Al-Rhodan : Le laser au dioxide de carbone et la crâniotomie stéréotaxique. Neurochirurgie 38 : 208-216, 1992

13 - Lach B, Scheitauer B, Gregor A et al : Colloid cyst of the third ventricle. Immunohistochemical study. J Neurosurg 78 : 101-111, 1993

14 - Laine E, Blond S : Les tumeurs trigono-septales. Neurochirurgie 26 : 247-278, 1980

15 - McGirr SJ, Ebersold J, Scheitauer BW et al : Choroid plexus papillomas : long-term follow-up results in a surgically treated series. J Neurosurg 69 : 843-849, 1988

16 - Mathiesen T, Grane P, Lindquist C et al : high recurrence rate following aspiration of colloid cysts in the third ventricle. J Neurosurg 17  : 1002-1027, 1960

17 - Matson DD, Crofton FDL : Papilloma of the choroid plexus in childhood. J Neurosurg 17 : 1002-1027, 1960

18 - Merienne L, Leriche B, Roux FX et al : Utilisation du laser N-YAG en endoscopie intracrânienne. Neurochirurgie 38 : 245-247, 1992

19 - Mohadjer P, Teshmar E, Mundinger F : CT assisted stereotaxic drainage of colloid cysts in the foramen of Monro and the third ventricle. J Neurosurg 67 : 220-223, 1987

20 - Packer RJ, Perilongo G et al : Choroid plexus carcinoma of childhood. Cancer 69, N°2 : 580-585, 1902

21 - Peragut JC, Riss JM, Farnarier Ph et al : Kystes colloides du 3ème ventricule. Scanner, I.R.M., et ponction stéréotaxique. Neurochirurgie 36 : 122-128, 1990

22 - Raimondi AJ, Gutierrez FA : Diagnosis and surgical treatment of choroid plexus papillomas. Childs Brain 9  : 373-380, 1975

23 - Rivas JJ, Lobato RD : CT assisted stereotactic aspiration of colloïd cysts of the third ventricle. J Neurosurg 62  : 238-242, 1985

24 - Stroobandt et al : Papillome du plexus choroIde du ventricule latéral sans hydrocéphalie généralisée. Neurochirurgie 34 : 128-132, 1988

Télécharger au format pdf Enregistrer au format PDF






SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0