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00:00 Bien, bonjour. Je vais juste d'abord commencer par remercier le professeur Emery et le professeur Lemaire de m'avoir convié à cette journée pour communiquer avec vous sur ce thème.
00:13 Alors, ne vous inquiétez pas, je ne vais pas trop parler de protocoles. Je pense que vous avez tous des protocoles dans vos établissements qui sont probablement de très bonne qualité.
00:28 Et il faut juste bien les respecter. Ça, c'est la première chose.
00:31 Ce que je vais essayer de faire, c'est d'essayer d'examiner ce que je vais appeler les moyens non-antibiotiques.
00:40 On ne va pas tous les voir, mais les moyens non-antibiotiques de prévention des infections de sites opératoires et notamment les règles d'hygiène.
00:46 Et essayer de les examiner sous l'angle de l'evidence-based, parce qu'on fait beaucoup de choses.
00:52 Qu'est-ce qu'on a comme preuve scientifique de leur intérêt ?
00:56 Donc on va regarder ça. Il n'y a pas forcément beaucoup d'evidence-based sur les pratiques d'hygiène et notamment sur les pratiques au bloc opératoire.
01:04 Quand il n'y en a pas, on regardera ce qui fait consensus.
01:07 Et puis quand il n'y a pas de consensus ni d'evidence-based, je vous donnerai tout simplement mon avis.
01:14 Donc on va commencer par...
01:19 On va commencer avant de vous présenter mon plan qui sera très simple.
01:33 Je voudrais faire une petite introduction sur pourquoi finalement il y a-t-il si peu d'études de haut niveau...
01:40 Il y a des études, il y en a plein.
01:41 Il y a si peu d'études de haut niveau sur ces thèmes.
01:47 Alors il y a un certain nombre de facteurs qui sont finalement assez classiques.
01:52 C'est que l'infection de site opératoire, vous le savez, c'est une infection avec de nombreux facteurs de risque.
01:59 Des facteurs de risque intrinsèques qui sont liés aux patients, qui sont sur lesquels parfois on peut agir mais pas toujours.
02:05 Des facteurs de risque extrinsèques qui sont surtout ceux sur lesquels je vais insister aujourd'hui.
02:11 Donc c'est la première chose.
02:12 Quand on a beaucoup de facteurs de risque, forcément, pour identifier une efficacité d'une nouvelle action,
02:20 il va falloir faire appel à des études beaucoup plus lourdes, beaucoup plus complexes.
02:24 C'est la première chose.
02:25 La deuxième chose, c'est que les taux d'infection, fort heureusement, sont quand même relativement bas.
02:31 Et quand on a un taux d'infection, par exemple, à 1%, c'est évident que ça va être beaucoup plus difficile de démontrer l'impact d'une nouvelle mesure de prévention
02:41 ou de comparer deux mesures de prévention pour voir si elles ont des apports différents.
02:49 Ça va être beaucoup plus difficile de démontrer une différence statistique significative.
02:54 Donc ça, c'est classique.
02:57 Lorsqu'il y a des phénomènes qui sont de faible fréquence, évidemment, il va falloir inclure beaucoup de patients et ça va être plus compliqué.
03:04 Inversement, on a aussi pas mal d'études qui sont réalisées dans des contextes de taux d'infection assez élevés, des contextes parfois même épidémiques.
03:14 Et là, on va avoir une difficulté, une autre difficulté d'interprétation, parce qu'on a ce qu'on pourrait appeler, c'est un peu un effet Hawthorne,
03:21 c'est-à-dire que vous allez mettre en place des choses, mais finalement, le simple fait d'effectuer une intervention,
03:29 eh bien, ça modifie le comportement des gens, ça augmente éventuellement leur motivation, leur compliance,
03:37 et donc vous allez avoir éventuellement un effet, mais qui ne sera pas attribuable à votre intervention,
03:43 mais attribuable au changement de comportement.
03:47 Là, c'est quelque chose de classique, de toute façon, en recherche clinique, nous, on voit bien ça en tant qu'hygiéniste,
03:51 quand on va des fois dans des services où il y a des soucis, que ce soit au bloc ou dans d'autres types de services,
03:56 le simple fait qu'on intervienne, sans même identifier vraiment une raison à l'épidémie,
04:02 le simple fait qu'on soit là, fait que les choses rentrent dans l'ordre.
04:06 Tout simplement parce que chacun, souvent, a resserré un peu ses boulons,
04:10 et finalement, on a amélioré la situation, donc sans qu'il y ait eu vraiment une action.
04:16 Donc ça, c'est aussi un problème.
04:19 L'autre souci, c'est que beaucoup des mesures sont en fait des mesures qui sont en ce qu'on appelle un bundle,
04:26 c'est-à-dire qu'il y a toute une série de mesures qui est mise en place,
04:30 notamment dans les contextes d'épidémie ou de taux d'infection élevées.
04:35 Et donc, quand on va constater une efficacité, ça va être évidemment très difficile de rapporter individuellement,
04:41 à une mesure particulière, l'efficacité de l'action.
04:45 C'est l'ensemble des mesures qui ont été efficaces.
04:47 Bon, tout ça aboutit à ce que finalement, ce que je vous disais,
04:51 on a non pas peu d'études, mais assez peu d'études avec des bons designs,
04:57 et qui donc peuvent vraiment abonder une evidence-based medicine.
05:00 Et donc, c'est un domaine, c'est pas nouveau,
05:02 qui est le lieu d'un certain nombre de croyances, de rituels,
05:07 qui ne sont pas toujours fondés sur des preuves.
05:12 Alors, mon plan, je vous disais, il est très simple.
05:13 On va essayer de voir quelques paramètres qui concernent le chirurgien.
05:19 Donc, on va voir beaucoup d'éléments de la tenue.
05:21 Souvent, c'est là-dessus qu'on interroge les hygiénistes.
05:23 Des paramètres qui concernent le patient, l'intervention et ses suites,
05:29 l'environnement du bloc.
05:30 Et puis, si j'ai le temps, je vous dirai un mot,
05:34 des prions et des accidents d'exposition au sang.
05:38 Bon, ça fait partie des événements qui intéressent les chirurgiens
05:44 et qui les concernent dans leur pratique quotidienne.
05:47 Alors, le chirurgien.
05:48 Je vais commencer par l'hygiène chirurgicale des mains,
05:52 la désinfection chirurgicale des mains.
05:54 Vous le savez, vous le pratiquez tous les jours.
05:56 Il y a eu un changement, il y a 15 ans à peu près,
05:59 sur les modalités de désinfection des mains,
06:03 et notamment au bloc, avec l'utilisation des produits hydroalcooliques.
06:08 Alors, pourquoi on n'utilise plus les savons antiseptiques
06:11 et pourquoi on utilise les produits hydroalcooliques ?
06:13 Qu'est-ce qui a été démontré dans ce domaine ?
06:16 Eh bien, ces produits hydroalcooliques ont tous une bien meilleure efficacité microbiologique.
06:20 Ça, ça a été démontré par des centaines d'études,
06:23 que ce soit in vivo, in vitro, dans toutes les situations.
06:27 Ce sont des techniques, des produits qui sont rapidement efficaces.
06:33 C'est l'alcool, c'est l'antiseptique le plus efficace, le plus rapide que l'on connaisse.
06:39 Et c'est globalement des protocoles qui sont faciles d'utilisation.
06:43 Il y a aussi une meilleure tolérance cutanée.
06:46 Ça aussi, ça a été démontré, même si c'est souvent discuté,
06:50 ça a été démontré par des centaines d'études, là aussi,
06:54 dans tous les contextes où on utilise beaucoup de produits hydroalcooliques,
06:58 notamment les réanimations et les blocs opératoires.
07:01 Alors bien sûr, il y a toujours quelques intolérances ponctuelles à un produit donné.
07:04 Mais globalement, on utilise une évaluation par un dermatologue,
07:08 une auto-évaluation par le professionnel,
07:11 une évaluation par des dispositifs physiques objectifs,
07:16 comme par exemple la mesure de l'hydratation cutanée.
07:18 La tolérance cutanée est toujours bien améliorée avec ces produits-là
07:24 par rapport au savon antiseptique.
07:26 Par contre, il faut le savoir,
07:29 il n'y a pas d'impact sur le taux d'infection de site opératoire.
07:32 Si on vous a dit le contraire, on vous a menti,
07:35 ça n'a jamais été démontré.
07:38 Il y a eu quelques études.
07:40 Certainement la meilleure étude est une étude qui a été faite en France
07:44 par Jean-Jacques Parienti il y a une quinzaine d'années,
07:47 presque une vingtaine d'années,
07:48 qui, dans un essai randomisé,
07:51 a surveillé la survenue d'infection de site opératoire
07:56 sur des milliers de patients.
07:57 C'était une étude multicentrique.
07:59 et clairement, il n'y avait pas d'impact sur le taux d'infection.
08:01 Deuxième aspect, les gants.
08:05 Alors les gants, évidemment,
08:07 je ne sais pas si vous voyez bien le tableau,
08:10 mais ça a été probablement un des plus grands progrès
08:15 qui a permis, à la fin du 19e, début du 20e,
08:18 de réduire les infections de site opératoire.
08:20 ça, la stérilisation des instruments, l'antisepsie.
08:23 Donc les gants, évidemment, c'est quelque chose d'incontournable.
08:28 Aujourd'hui, le débat, il porte surtout sur le double gantage.
08:30 Qu'est-ce qui a été démontré là-dessus ?
08:33 Il diminue le risque de transmission virale en cas d'accident d'exposition au sang.
08:37 Ça, ça a été très bien démontré.
08:39 Sur la réduction des infections de site opératoire,
08:41 c'est beaucoup moins clair.
08:43 Il y a plein d'études.
08:44 Elles sont plutôt contradictoires.
08:46 Et en fait, ce qui semble le facteur le plus important,
08:49 c'est l'antibioprophylaxie.
08:50 C'est-à-dire, quand il y a une antibioprophylaxie,
08:52 des interventions avec antibioprophylaxie,
08:54 souvent, on ne voit pas la différence
08:55 entre simple gantage et double gantage.
08:58 et les quelques études qui ont montré une différence
09:00 en faveur du double gantage,
09:02 c'est quand il n'y avait pas d'antibioprophylaxie.
09:05 Quoi qu'il en soit, on recommande un changement régulier des gants.
09:08 Vous le savez, la fréquence n'est pas vraiment définie.
09:11 90-120 minutes, généralement, on dit.
09:13 Et surtout, entre les principales étapes de l'intervention
09:16 et notamment quand on commence à manipuler les implants.
09:19 Ça, c'est quelque chose sur lequel souvent on insiste.
09:21 Autre élément de la tenue du chirurgien,
09:25 une casaque.
09:26 Il y a eu plein d'études dans les années 80.
09:29 C'était un sujet très à la mode à ce moment-là.
09:33 Et c'est dans ces années-là
09:35 où on est passé des casaques en tissu
09:37 aux casaques en non-tissé.
09:39 Pour la simple raison que, en fait,
09:42 le tissage du coton
09:46 donnait des pores qui faisaient à peu près 80 microns.
09:49 Alors que les squames cutanées,
09:51 dont on verra qui sont quand même
09:53 les principaux porteurs de germes,
09:55 font en gros, en moyenne, 20 microns.
09:58 Donc évidemment, ça semblait évident
10:00 qu'il fallait augmenter l'imperméabilité de ces casaques.
10:02 Donc on est passé au non tissé,
10:04 qui est beaucoup plus imperméable.
10:06 Bon.
10:07 Depuis, les tissus ont évolué.
10:09 C'est quelque chose qui peut-être un jour sera redéfini,
10:15 rediscuté.
10:16 Bon.
10:16 toujours est-il que ça reste le gold standard aujourd'hui.
10:19 Et puis, pour la même raison,
10:21 on a dit qu'il faut absolument que ces tenues soient resserrées
10:25 au niveau des poignets,
10:27 notamment pour éviter l'émission de particules.
10:29 J'en reparlerai un peu après.
10:30 Les surchaussures,
10:34 là, je crois que le débat, il est fini depuis longtemps.
10:37 Il n'y a pas d'intérêt aux surchaussures.
10:39 À partir du moment où on a des chaussures
10:41 réservées au bloc opératoire,
10:43 et même certaines études ont montré
10:46 que même pour les visiteurs, finalement,
10:48 ce n'est pas très étonnant,
10:49 il n'y avait pas de différence significative
10:51 du nombre de bactéries présentes sur le sol
10:53 que ces visiteurs portent des surchaussures,
10:55 ou non.
10:59 Alors, pour continuer sur le chirurgien,
11:02 le masque.
11:02 Le masque, je pense que c'est une discussion intéressante
11:07 parce que je pense qu'on atteint les limites
11:09 un peu de l'evidence-based.
11:11 Alors, qu'est-ce qu'on sait sur le masque ?
11:14 Ce qui est sûr, c'est que porter un masque ou non
11:18 n'a pas d'effet sur le nombre de bactéries
11:20 dans l'air d'un bloc.
11:21 Ça, c'est bien démontré.
11:24 Tout simplement, parce qu'on le reverra plus tard,
11:29 les bactéries aériennes, en fait,
11:30 elles sont corrélées surtout au nombre de personnes
11:33 qui sont présentes dans un bloc
11:34 et à l'activité qu'elles ont.
11:36 Alors, finalement,
11:39 qu'est-ce qu'il y a comme étude
11:42 qui montre l'intérêt du masque ?
11:44 Il y a peu d'études prospectives randomisées,
11:46 on comprend pourquoi.
11:47 C'est difficile de faire
11:49 des patients opérés
11:52 avec des chirurgiens sans masque
11:54 et d'autres avec des chirurgiens avec masque.
11:56 Donc, évidemment, on a
11:58 très peu d'études,
12:00 mais il y en a quelques-unes quand même
12:02 et qui donnent des résultats discordants.
12:06 Mais là, je pense qu'il faut tout de suite préciser deux choses.
12:08 C'est que les études qui ont montré
12:11 des résultats disant,
12:14 ben non, finalement, le masque, ça ne change rien,
12:16 c'est des études qui ont été faites
12:18 dans des contextes très particuliers
12:20 et très loin de la chirurgie propre
12:22 dans un bloc opératoire.
12:24 c'est notamment des études qui ont été faites
12:26 dans les services d'urgence sur des plaies traumatiques.
12:27 donc ça n'a rien à voir.
12:29 Mais je vous en parle quand même
12:31 parce que ce sont des études qui,
12:32 des fois, sont brandies par certains
12:35 comme ils ont envoyé les masques.
12:36 Ça ne sert pas à grand chose.
12:37 Et la deuxième chose,
12:39 c'est que le masque,
12:40 il ne sert pas,
12:41 comme je viens de le dire,
12:42 à diminuer les bactéries
12:43 dans l'air d'un bloc opératoire.
12:46 Il sert à éviter essentiellement
12:48 des projections,
12:49 des postillons.
12:51 ça, c'est beaucoup moins maîtrisable,
12:53 mais c'est évident
12:54 que ces postillons
12:56 sont une source de contamination.
12:57 Donc, voilà,
12:59 c'est pour ça que je dis
12:59 qu'on est à la limite
13:00 de l'evidence-based.
13:01 Je crois qu'on n'a pas besoin d'études
13:03 pour, je dirais dire,
13:05 conforter le bon port de masque.
13:08 Mais j'en parle
13:09 parce qu'il y a quand même
13:10 de temps en temps encore
13:12 des publications qui sortent
13:13 en disant
13:13 mais non, le masque,
13:14 ça ne sert à rien
13:15 au bloc opératoire.
13:16 C'est évidemment faux.
13:20 Une autre source de débat,
13:22 c'est les coiffes.
13:25 C'est une source de débat
13:27 souvent dans les blocs opératoires.
13:28 Il n'y a pas énormément d'études.
13:32 Il y a une étude,
13:33 je vous ai montré,
13:34 je vous ai mis des photos
13:35 de cette étude-là
13:36 qui est sortie assez récemment
13:38 qui a fait grand bruit
13:40 plus dans le milieu des chirurgiens.
13:42 D'ailleurs, moi,
13:42 c'est que les chirurgiens
13:43 qui m'en ont parlé.
13:44 On n'a pas tellement entendu parler
13:46 dans le milieu des hygiénistes.
13:47 Mais une étude
13:48 qui était quand même intéressante.
13:50 Donc,
13:52 le problème,
13:55 c'est donc
13:56 les cheveux
13:56 en termes de réservoirs
13:58 de micro-organismes.
13:59 Les cheveux sont
14:00 en réservoir de germes.
14:01 C'est une évidence
14:02 et notamment
14:03 de staphylocoques.
14:04 Certains disent
14:05 que c'est un réservoir
14:07 aussi abondant
14:08 que la peau.
14:10 Donc,
14:10 ça,
14:11 ça ne se discute pas.
14:12 Par contre,
14:13 après,
14:14 il y a eu pas mal
14:15 d'études sur
14:17 qu'est-ce que ça donne
14:18 finalement
14:18 de porter
14:19 ou pas
14:20 une coiffe
14:22 dans un bloc opératoire.
14:23 Et là aussi,
14:24 c'est assez difficile
14:25 de démontrer
14:25 une différence
14:26 de contamination aérienne
14:28 dans un bloc
14:28 à partir du moment
14:29 où il y a une ventilation.
14:30 Ce qui est le cas
14:31 de la plupart
14:32 des blocs
14:33 aujourd'hui.
14:34 Il y a cependant
14:35 assez peu d'études
14:36 et des résultats
14:37 qui sont aussi
14:38 contradictoires.
14:39 Par rapport
14:40 à la réduction
14:42 des infections
14:42 de sites opératoires,
14:44 il n'y a pas d'études.
14:45 Il n'y a pas d'études
14:46 qui ont démontré
14:48 cette réduction.
14:49 Par contre,
14:50 il y a plusieurs études
14:51 et notamment
14:53 quelques-unes
14:54 qui sont assez anciennes
14:55 maintenant
14:55 mais qui avaient montré
14:56 et fait grand bruit
14:58 dans la presse
14:59 scientifique,
14:59 médicale.
15:01 Donc plusieurs épidémies
15:02 qui avaient été imputées
15:03 à importage
15:04 bactérien capillaire.
15:06 Donc là aussi,
15:08 je pense qu'on n'a pas besoin
15:09 de plus d'evidence-based.
15:11 Alors la dernière étude,
15:12 elle était intéressante.
15:16 Elle répondait visiblement
15:17 à un débat
15:18 chez les chirurgiens
15:20 nord-américains
15:21 avec un conflit
15:23 entre les IBODE
15:23 et les chirurgiens
15:24 entre les deux sociétés
15:26 savantes,
15:26 si j'ai bien compris.
15:27 Donc vous voyez
15:29 cette équipe
15:32 à comparer
15:33 trois types de coiffes
15:34 que vous connaissez,
15:35 donc des charlottes bouffantes,
15:36 des canaux
15:39 en tissu
15:41 et des canaux
15:43 à droite
15:44 et des canaux
15:46 en non tissé
15:47 donc à usage unique.
15:48 Alors ils ont comparé
15:51 ces différents types
15:52 de coiffes
15:53 en termes de perméabilité
15:54 aux particules
15:55 et en termes
15:57 de contamination
15:57 dans le bloc opératoire,
15:59 dans la périphérie
16:01 des porteurs,
16:02 en termes
16:02 de contamination
16:03 particulière
16:04 et de contamination
16:05 microbienne.
16:06 Et qu'est-ce qu'ils ont montré ?
16:08 Ils ont montré
16:09 en fait
16:09 que la coiffe,
16:11 la charlotte bouffante,
16:13 eh bien
16:14 a présenté
16:15 une perméabilité
16:16 particulière
16:17 plus importante
16:18 que les deux autres
16:19 types de coiffes,
16:20 que ce soit
16:21 usage unique
16:21 ou tissu,
16:23 et que la contamination
16:24 microbienne
16:25 et particulière
16:26 autour
16:26 de la charlotte bouffante
16:28 était plus importante
16:30 qu'autour
16:31 des deux autres
16:31 types de coiffes
16:32 et que finalement
16:33 ils ne démontraient
16:34 pas de différence
16:35 entre les deux
16:37 types de calots
16:38 qu'ils soient
16:38 en tissu
16:39 ou en non-tissé.
16:39 Donc comme c'est
16:42 un débat
16:42 qu'on entend souvent
16:43 dans les blocs opératoires,
16:44 c'est une étude
16:46 qui je pense
16:46 a été pas mal lue.
16:47 Alors le patient,
16:52 le patient,
16:52 c'est certainement
16:53 dans ce domaine
16:54 qu'il y a eu
16:56 de plus grands changements
16:58 récemment.
16:59 Si j'osais les grands mots,
17:01 je dirais
17:02 que c'est presque
17:02 une petite révolution
17:04 qui s'est opérée
17:06 dans ce domaine
17:08 il y a maintenant,
17:10 donc c'était en 2013,
17:11 où il y a eu
17:12 des nouvelles recommandations
17:13 de la Société française
17:14 d'hygiène
17:14 avec des sociétés,
17:15 différentes sociétés
17:16 chirurgicales.
17:18 Donc la douche,
17:19 eh bien aujourd'hui,
17:21 officiellement,
17:22 il est recommandé
17:23 une douche,
17:24 au moins une douche.
17:25 On peut en faire plus,
17:27 mais il n'y a rien
17:28 dans la littérature
17:29 qui dit que faire
17:30 plus d'une douche
17:30 a un intérêt
17:32 en termes de réduction
17:33 des infections
17:34 de sites opératoires.
17:35 Je reviendrai là-dessus
17:36 en conclusion.
17:38 Donc,
17:39 la recommandation,
17:40 c'est au moins une douche.
17:41 Il n'y a pas de recommandation
17:43 sur le nombre de douches
17:45 ni sur le moment
17:46 où la douche doit être faite
17:47 puisque souvent on dit
17:48 qu'il faut faire au moins
17:49 une douche
17:49 au plus près de l'intervention.
17:50 Il n'y a pas de littérature
17:52 qui soutient ça.
17:54 L'autre,
17:56 j'allais dire,
17:58 petite révolution,
17:59 c'est le produit.
18:00 C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
18:02 la recommandation,
18:02 c'est de faire une douche.
18:04 Il n'y a plus d'obligation
18:05 que la douche soit faite
18:07 avec un savon antiseptique.
18:09 Il faut faire une douche
18:10 avec un savon
18:10 simple ou antiseptique.
18:12 Ce sont les recommandations.
18:14 Là aussi,
18:14 parce que,
18:15 dans la littérature,
18:17 on ne trouve pas
18:17 d'études cliniques
18:18 qui démontrent
18:20 l'intérêt du savon antiseptique
18:21 dans cette circonstance.
18:25 Pour le cuir chevelu,
18:27 le shampoing est donc
18:28 recommandé
18:29 quand le cuir chevelu
18:29 est concerné
18:30 par l'intervention.
18:31 Et là aussi,
18:32 il n'y a pas de recommandation
18:33 par rapport au type de shampoing.
18:35 Donc ça,
18:36 c'était quand même
18:37 une petite révolution.
18:41 La deuxième chose,
18:43 c'est par rapport
18:44 à la pilosité.
18:44 Il n'y a pas eu vraiment
18:45 de changement récemment.
18:47 Il n'y a pas de recommandation
18:49 par rapport à un traitement
18:51 systématique de cette pilosité
18:53 en termes de réduction
18:54 des infections site opératoire.
18:55 Ça veut dire,
18:56 on peut faire ou ne pas faire.
18:58 Et quand on choisit de faire,
19:00 il faut privilégier la tonte.
19:02 Ça aussi,
19:03 ce n'est pas nouveau.
19:04 Et par contre,
19:05 le rasage est proscrit.
19:07 Quant à la crème dépilatoire,
19:10 qui est assez souvent utilisée
19:12 et mise sur le même plan
19:13 que la tonte,
19:14 il y a moins d'études.
19:15 Mais généralement,
19:17 on considère que cette crème
19:18 dépilatoire a,
19:21 j'allais dire,
19:22 la même efficacité
19:23 que la tonte.
19:25 Alors,
19:26 vous pourrez voir,
19:27 j'avais trouvé
19:28 cet échange
19:32 de courrier
19:34 dans le journal
19:35 of neurosurgery
19:36 qui était assez intéressant
19:37 où on voyait
19:38 des confrontations d'avis
19:40 qui étaient parfois
19:41 un peu croustillantes.
19:43 Il n'y a pas de recommandation
19:46 non plus
19:46 sur le moment
19:47 de la dépilation.
19:48 Et enfin,
19:50 la dernière grande modification
19:52 de 2013,
19:52 c'est la détersion.
19:53 la détersion,
19:55 au bloc,
19:56 finalement,
19:57 il n'y a plus de recommandation.
19:59 C'était considéré
20:00 comme une étape
20:01 très importante.
20:02 Et quand on revoit
20:03 l'évidence
20:04 dans la littérature,
20:05 finalement,
20:06 il n'y en a pas.
20:06 Et donc,
20:07 aujourd'hui,
20:08 la détersion,
20:09 c'est-à-dire l'étape
20:10 avec un savon antiseptique
20:11 au bloc opératoire
20:12 avant d'appliquer
20:13 l'antiseptique,
20:14 on peut la faire
20:16 ou on peut ne pas la faire,
20:18 sauf quand il y a
20:19 évidemment des souillures,
20:20 des souillures visibles.
20:21 Et enfin,
20:24 l'antisepsie,
20:24 l'antisepsie au bloc opératoire,
20:26 la recommandation forte,
20:28 c'est d'utiliser
20:30 un antiseptique alcoolique.
20:31 Ça n'a pas changé non plus.
20:33 Donc,
20:34 en gros,
20:34 la Bétadine alcoolique
20:35 ou éventuellement
20:37 la chlorhexidine alcoolique.
20:38 Et en France,
20:40 il n'y a pas de prise
20:41 de position encore
20:42 très nette
20:43 par rapport
20:43 à ce que la bétadine,
20:45 c'est mieux
20:46 que la chlorhexidine
20:47 ou le contraire.
20:48 les recos de l'OMS
20:50 poussent plutôt vers la...
20:52 Enfin,
20:52 disent qu'il faut privilégier
20:53 la chlorhexidine.
20:54 Il n'y a pas de prise
20:55 de position
20:56 officielle
20:59 en France
20:59 entre les deux.
21:00 Et enfin,
21:02 le dépistage
21:03 du staff.
21:03 Je l'ai mis là,
21:05 ce n'est pas
21:05 recommandé
21:06 dans vos spécialités.
21:08 Il n'y a aujourd'hui
21:09 qu'une seule recommandation
21:11 officielle,
21:11 c'est en chirurgie cardiaque.
21:13 même en orthopédie
21:14 prothétique,
21:15 prothèse de hanche,
21:16 etc.,
21:17 même si c'est fait
21:17 dans beaucoup de centres,
21:18 il n'y a pas
21:19 de recommandation
21:20 officielle.
21:21 Je pense que ça viendra
21:24 parce qu'en fait,
21:25 on manquait juste
21:26 un petit peu de puissance
21:27 dans les méta-analyses
21:28 pour que ça soit
21:29 recommandé officiellement
21:31 en orthopédie prothétique.
21:32 Et il n'y a pas
21:33 de recommandation
21:33 dans les autres spécialités
21:34 chirurgicales.
21:35 Après,
21:36 en cas de situation
21:37 épidémiologique particulière
21:39 où ça nous est arrivé,
21:39 on peut être amené,
21:40 par exemple,
21:41 des taux d'infection
21:42 de sites opératoires
21:43 à staff doré
21:44 qui commencent à monter,
21:45 qui sont à 2-3%.
21:46 Ça peut se discuter
21:48 dans n'importe quel autre
21:49 type de chirurgie.
21:50 L'intervention et ses suites.
21:53 Alors là,
21:54 il y a beaucoup
21:54 de facteurs de risque.
21:55 Je ne vais pas trop en parler
21:57 parce que je pense
21:57 en plus que ça sera
21:58 bien développé
21:59 dans d'autres interventions.
22:01 La technique opératoire,
22:03 évidemment,
22:04 c'est un facteur de risque
22:06 qui peut être très important.
22:08 Je ne vais pas insister.
22:09 La durée de l'intervention.
22:11 Alors classiquement,
22:12 les hygiénistes considèrent
22:13 en fonction de l'indice NNIS,
22:15 qui est l'indice américain
22:16 de risque infectieux
22:18 pour la chirurgie,
22:19 qui prend en compte
22:20 trois critères.
22:21 Et un des trois critères,
22:22 c'est la durée d'intervention.
22:24 Donc les interventions
22:25 qui sont supérieures
22:26 en durée
22:26 au 75e percentile
22:28 pour ce type
22:28 d'intervention donnée
22:29 sont considérées
22:31 sont considérées
22:31 comme étant
22:32 en sur-risque
22:33 par rapport aux autres.
22:34 L'irrigation antiseptique
22:37 peropératoire,
22:38 c'est un rituel
22:39 qui, je pense,
22:40 est abandonné
22:40 quand même
22:40 par la plupart
22:41 des chirurgiens.
22:42 Il n'y a pas
22:42 de recommandation
22:43 là-dessus,
22:43 même s'il y a quand même
22:45 de temps en temps
22:46 des méta-analyses.
22:47 Il y en avait une en 2010
22:48 qui était sortie,
22:48 qui était positive
22:50 avec la Bétadine,
22:51 mais c'est quelque chose
22:52 qui est plutôt abandonné.
22:55 Les pellicules
22:56 bactériaux isolants,
22:57 je ne sais pas
22:58 si vous utilisez ça
22:59 en neurochir,
22:59 c'est un peu utilisé
23:00 en chir cardiaque.
23:01 C'est une pellicule
23:03 à base de cyanoacrylate
23:05 qui est censée
23:07 scotcher,
23:08 on va dire,
23:09 les bactéries
23:10 sur le site opératoire.
23:11 C'est utilisé notamment
23:13 parfois sur le sternum.
23:15 Il n'y a aucun niveau...
23:17 Enfin, il y a des études
23:17 positives en chirurgie cardio-vasculaire,
23:18 mais il y a
23:19 un très faible niveau de preuve
23:20 et il n'y a en tout cas
23:21 aucune recommandation
23:23 là-dessus.
23:23 Les champs adhésifs,
23:25 alors les champs adhésifs,
23:27 les champs non imprégnés,
23:28 non seulement
23:30 ils ne sont pas recommandés,
23:32 mais enfin,
23:33 c'est-à-dire en fait
23:34 c'est une recommandation
23:34 de non-utilisation.
23:36 C'est-à-dire
23:36 les champs adhésifs
23:37 non imprégnés
23:38 ont plutôt
23:39 dans les études
23:40 qui ont été réalisées
23:41 un effet délétère
23:42 sur le taux d'ISO.
23:43 Pour les champs imprégnés,
23:45 essentiellement l'Ioban,
23:47 imprégné d'iode,
23:48 il semble que ça soit efficace.
23:51 Là aussi,
23:53 les méta-analyses
23:53 manquaient un peu de puissance.
23:55 donc il n'y a pas
23:56 de recommandation officielle.
23:57 Peut-être qu'il y en aura
23:59 un jour.
24:00 Les sutures imprégnées,
24:03 je ne sais pas
24:04 si vous en utilisez
24:06 dans vos spécialités.
24:07 Par exemple,
24:08 des produits comme
24:09 le Vicryl,
24:09 c'est des sutures
24:12 qui sont imprégnées
24:12 de triclosan,
24:13 le Vicryl Plus.
24:15 il y a des méta-analyses favorables.
24:17 Il y a eu des études,
24:19 notamment en neurochirurgie,
24:20 des études positives,
24:24 mais avec des niveaux de preuves
24:26 très faibles.
24:27 Il n'y a pas de recommandation
24:29 et je pense qu'il n'y en aura
24:30 jamais parce que le triclosan,
24:32 c'est quand même un produit
24:33 qui n'a pas tellement le vent en poupe.
24:36 Et enfin,
24:37 les pansements.
24:38 Alors,
24:38 c'est intéressant,
24:40 notamment les produits
24:41 à utiliser
24:42 lorsqu'on refait les pansements.
24:44 Il y a pas mal de débats
24:46 depuis quelques années
24:47 pour l'utilisation
24:49 plutôt du sérum physiologique
24:50 que des antiseptiques
24:51 non-alcooliques,
24:52 bien sûr,
24:52 pour finalement
24:54 préserver un peu
24:56 le processus
24:57 de cicatrisation.
24:58 Voilà,
25:01 donc la tendance actuellement
25:02 est plutôt de faire,
25:04 sauf dans certaines circonstances,
25:06 et de faire des pansements
25:07 au sérum physiologique.
25:09 Et puis après,
25:11 il y a aussi souvent
25:12 un débat entre eux
25:13 sur le changement régulier
25:15 de certains pansements
25:17 ou diminuer,
25:18 on a la même chose
25:19 sur les cathéters en réa,
25:21 par exemple,
25:21 ou diminuer les manipulations.
25:23 Voilà,
25:25 il faut que le pansement
25:26 soit propre,
25:27 mais d'un autre côté,
25:29 moins on y touche,
25:29 moins on a de chance
25:31 ou moins on a de risque
25:32 de le contaminer
25:34 lors des manipulations.
25:36 donc il y a toujours
25:37 un débat
25:38 sur les fréquences
25:39 de changement
25:39 de pansements,
25:40 donc là,
25:40 les protocoles
25:41 sont assez variables
25:43 selon les centres.
25:45 Bon,
25:46 les matériels imprégnés
25:47 d'antimicrobiens,
25:48 je ne vais pas trop en parler
25:49 parce que je pense
25:49 que ça sera développé
25:52 par les autres intervenants.
25:56 et je vais parler maintenant
25:58 plutôt de l'environnement
25:59 du bloc.
26:00 En commençant par l'air.
26:04 L'air,
26:05 c'est souvent un compartiment
26:08 qui est décrié
26:09 quand il y a des problèmes
26:10 dans les blocs opératoires.
26:11 Bon,
26:13 en fait,
26:13 l'air,
26:14 c'est certes un réservoir microbien,
26:16 mais c'est surtout
26:17 un vecteur de micro-organismes.
26:20 Donc,
26:20 un vecteur via des particules,
26:22 donc c'est essentiellement
26:23 les poussières,
26:24 les squames cutanées,
26:25 ce que je disais tout à l'heure,
26:26 et ces microbes
26:29 circulent pratiquement toujours
26:31 adsorbés sur des particules.
26:33 Donc,
26:34 ce qui est sûr,
26:34 c'est que la présence de bactéries
26:36 sur un site opératoire,
26:37 il y a eu plein d'études
26:38 qui ont été faites
26:38 dans différents types de chirurgie,
26:40 elle est corrélée
26:41 au nombre de particules,
26:43 notamment microbiennes,
26:44 qui sont présentes dans l'air.
26:46 Par contre,
26:47 la corrélation
26:48 avec le taux d'infection
26:50 de site opératoire,
26:50 c'est beaucoup moins net.
26:51 Encore une fois,
26:53 à cause de tous les facteurs de risque
26:55 de ce type d'infection.
26:56 Les études qui ont eu lieu
26:58 ont principalement eu lieu
27:00 en chirurgie orthopédique prothétique,
27:02 puisque c'est là
27:04 qu'on a des exigences
27:05 en termes de qualité d'air
27:06 les plus importantes,
27:07 et notamment
27:10 dans des contextes
27:11 de flux laminaire.
27:11 Donc,
27:12 l'intérêt du flux laminaire,
27:14 même ça,
27:14 est remis en question actuellement,
27:18 même en chirurgie orthopédique prothétique,
27:19 où c'était le gold standard,
27:20 depuis les années 70-80,
27:22 il y a eu des très grosses études
27:24 en Grande-Bretagne
27:25 qui montraient l'intérêt
27:27 du flux laminaire,
27:28 mais dans les contextes de l'époque.
27:29 Et depuis,
27:30 il y a des études
27:31 qui sont venues battre en brèche
27:33 ces recommandations.
27:35 Ce qui a fait prendre
27:37 à une société
27:37 comme la Société française d'hygiène,
27:39 qui n'est pas connue
27:40 quand même
27:40 pour des avis très téméraires,
27:41 ce qui lui a fait prendre
27:42 cet avis en 2018
27:44 sur finalement
27:45 une remise en question
27:46 de l'intérêt
27:47 du flux laminaire,
27:48 même en chirurgie orthopédique prothétique.
27:50 Donc,
27:50 tout ça pour vous dire
27:51 que le rôle de l'air
27:53 dans les ISO,
27:53 c'est quand même
27:54 quelque chose
27:55 qui n'est pas si évident
27:57 que ça.
27:58 Et donc,
27:59 ce qui est important
28:00 en termes de contamination aérienne,
28:01 ce sur quoi on met
28:02 plutôt l'accent maintenant,
28:03 c'est la circulation
28:04 des personnes,
28:04 puisque les particules aériennes,
28:07 elles sont vraiment corrélées
28:08 au nombre d'ouvertures
28:09 de portes dans un bloc,
28:10 au nombre de personnes
28:11 dans le bloc
28:12 et à ce qu'elles font,
28:13 à leur activité.
28:13 Autre point d'organisation,
28:17 le programme opératoire.
28:19 On a été très aidés,
28:20 nous, hygiénistes,
28:21 par un avis
28:22 qui était très utile
28:24 en 2007
28:24 par le CTINILS,
28:26 le Comité Technique
28:26 des Infections Nosocomiales,
28:28 qui, en fait,
28:30 a entériné
28:30 ce qu'on disait
28:31 depuis des années,
28:31 c'est-à-dire
28:32 qu'il n'y avait pas
28:33 de nécessité
28:33 d'un ordre de passage
28:34 pour les patients
28:35 porteurs de virus hématogènes,
28:37 c'est-à-dire,
28:37 en gros,
28:37 VIH,
28:38 hépatite,
28:39 lors des actes invasifs
28:40 médico-chirurgicaux,
28:41 comme les interventions
28:42 chirurgicales.
28:44 Donc, autrement dit,
28:45 ces patients,
28:46 porteurs de VIH
28:47 ou d'hépatite,
28:47 peuvent très bien passer
28:49 en premier
28:49 dans le programme opératoire
28:52 et pas forcément en dernier.
28:53 Et c'est vrai aussi,
28:54 d'ailleurs,
28:54 pour la majorité
28:56 des problèmes infectieux,
28:58 à quelques exceptions près.
29:00 La préparation de la table,
29:03 alors,
29:03 c'est un point important.
29:05 C'est clairement
29:06 l'étape la plus à risque
29:07 de contamination particulière.
29:09 Ça a été très bien démontré.
29:12 Et donc,
29:12 il faut préserver,
29:15 j'allais dire,
29:15 la table d'instrumentation
29:18 de toute contamination
29:19 en la préparant
29:20 une fois que l'installation
29:22 du patient est faite.
29:23 Et, bien sûr,
29:25 pareil pour les implants,
29:26 des implants qui sont ouverts
29:28 juste avant l'utilisation.
29:29 Moins on va les exposer
29:30 à l'air du bloc,
29:31 moins le risque de contamination,
29:32 bien sûr,
29:34 est important.
29:35 donc vous voyez que ce risque,
29:36 il croit finalement très vite.
29:38 Et enfin,
29:39 le comportement du personnel.
29:41 Donc,
29:42 j'ai parlé du comportement
29:43 par rapport à l'émission
29:44 de particules,
29:45 mais il y a aussi maintenant
29:46 les ordinateurs,
29:47 les tablettes,
29:47 les téléphones portables
29:48 qui sont bien sûr
29:49 des sources de contamination,
29:50 parfois des sources
29:52 de contamination incontournables.
29:53 Et donc,
29:54 quand l'utilisation est obligatoire,
29:56 ce qu'il faut,
29:57 c'est prévoir
29:58 des modalités de désinfection.
29:59 Aujourd'hui,
30:00 je pense que ce n'est pas
30:00 très difficile.
30:01 Il y a 15 ans,
30:02 on n'avait pas beaucoup
30:02 de lingettes.
30:03 Maintenant,
30:03 il y a des lingettes partout,
30:04 des lingettes qui sont efficaces
30:06 et des lingettes
30:07 qui ne détériorent pas
30:09 le matériel.
30:10 Donc,
30:10 il n'y a pas de raison
30:11 de s'en priver.
30:12 Pour finir,
30:14 je voulais dire juste un mot
30:16 si j'ai 5 minutes.
30:17 Juste un mot,
30:20 bon,
30:20 sur les prions,
30:21 ce n'est pas un sujet
30:22 qui est très passionnant,
30:23 ni pour les hygiénistes,
30:25 ni je pense
30:26 pour les neurochirurgiens.
30:27 mais,
30:27 donc,
30:29 pour dire qu'on est
30:30 aujourd'hui sous,
30:31 j'allais dire,
30:32 la réglementation
30:34 d'une instruction
30:35 de 2011
30:36 qui avait remplacé
30:37 le texte de 2001
30:38 qui a été abrogé,
30:39 quels étaient les changements
30:41 importants dans ce texte
30:42 de 2011 ?
30:43 On avait changé
30:44 le nombre de catégories
30:45 de patients,
30:46 on était passé
30:47 de 3 à 2 catégories
30:48 de patients.
30:49 On avait en fait
30:49 enlevé les patients
30:51 qui étaient dits
30:51 avec des facteurs de risque
30:53 comme par exemple
30:54 ceux qui avaient reçu
30:55 des hormones de croissance
30:56 dans leur enfance.
30:57 Les actes à risque
30:59 ont été redéfinis,
31:00 donc ils ont bien défini
31:02 le type d'intervention
31:04 et puis le type de chirurgie
31:06 qui pouvait être concerné,
31:07 avec un point important
31:09 qui était la disparition
31:10 de la notion
31:11 de temps de contact
31:12 dans les textes précédents,
31:13 il fallait une heure
31:14 de contact
31:15 pour être considéré
31:16 comme un acte à risque.
31:17 Là, il n'y a plus
31:18 cette notion
31:19 de temps de contact.
31:20 Et puis,
31:21 donc la redéfinition
31:22 des tissus à risque
31:23 pour se coller
31:24 sur la définition
31:27 de l'OMS
31:27 qui était un petit peu
31:28 différente.
31:29 Mais en fait,
31:30 le principal changement,
31:31 c'était les procédés
31:32 d'inactivation.
31:33 Donc les procédés
31:35 d'inactivation,
31:36 auparavant,
31:37 il y avait des groupes
31:37 d'efficacité croissante,
31:39 mais la plupart des groupes
31:40 en fait correspondaient
31:41 à des produits
31:42 peu efficaces.
31:43 Donc à partir de 2011,
31:45 la définition
31:46 de l'inactivation
31:49 a reposé
31:50 sur un protocole
31:52 qu'on appelle
31:52 le protocole PSP
31:54 de l'ANSM,
31:55 donc protocole
31:57 standard prion,
31:57 qui donc définit
32:01 ce que
32:02 on appelle
32:03 l'inactivation
32:04 du prion
32:05 pour un produit
32:06 désinfectant.
32:07 Alors,
32:08 ce protocole,
32:10 il est pas mal discuté,
32:12 sa pertinence
32:13 est pas mal discutée
32:14 par les experts.
32:14 Il y a un nouveau
32:15 protocole d'ailleurs
32:16 qui vient de sortir
32:17 qui sera je crois
32:17 opposable en 2021
32:19 ou peut-être 2022,
32:21 je ne sais plus.
32:21 et donc ce protocole,
32:24 il permet en tout cas
32:25 de définir des produits
32:26 ou des procédés
32:27 inactivants.
32:28 Alors ces procédés,
32:30 il y a toujours
32:30 la javel et la soude,
32:31 mais ça,
32:32 c'est pas très pratique,
32:33 il y a l'autoclave
32:33 et il y a surtout
32:34 une liste
32:35 à l'ANSM
32:36 des produits inactivants,
32:37 vous le trouvez facilement
32:38 sur le site de l'ANSM.
32:40 Et donc,
32:41 c'est en fait
32:41 une liste des produits
32:42 et des procédés,
32:43 comme je le disais,
32:44 puisqu'elle est assez limitée
32:46 cette liste,
32:46 il y a quelques produits,
32:47 les principaux
32:48 fabricants
32:49 et des infectants
32:49 et il y a en fait
32:50 des couples
32:51 machines-produits,
32:52 c'est-à-dire des couples
32:53 laveurs-désinfecteurs,
32:55 produits-désinfectants
32:56 qui ont été validés,
32:57 c'est le couple
32:58 qui a été validé,
32:59 mais pas individuellement,
33:00 chacun des membres du couple.
33:03 Donc,
33:04 par exemple,
33:04 quand on choisit
33:05 un laveur-désinfecteur
33:06 pour un bloc opératoire,
33:09 c'est évidemment
33:09 important
33:11 de vérifier
33:12 qu'il répond bien
33:13 à cette
33:15 attente
33:16 de l'ANSM.
33:18 Bon,
33:19 et je finis juste
33:20 par les AES,
33:21 parce que c'est quand même
33:23 fréquent en chirurgie,
33:24 certaines études,
33:26 même si elles sont
33:26 un peu anciennes,
33:27 avaient montré
33:28 qu'il y avait
33:28 plus de 10%
33:30 des interventions
33:32 qui s'accompagnaient
33:33 d'un AES,
33:34 pas forcément grave,
33:35 mais en tout cas
33:36 avec une grande variabilité
33:37 selon la spécialité,
33:39 bien sûr,
33:39 et surtout
33:40 selon l'intervention.
33:41 Bon,
33:42 le risque théorique
33:43 de contamination,
33:44 probablement,
33:45 vous le connaissez,
33:45 vous avez appris ça,
33:46 ça reste théorique
33:48 et puis surtout,
33:48 c'est des données
33:49 un peu anciennes,
33:49 mais ça montre bien,
33:50 ça fixe bien quand même
33:51 le potentiel de transmission
33:53 des différents virus
33:54 entre le VIH,
33:55 l'hépatite C,
33:55 l'hépatite B.
33:56 Bon,
33:57 c'est un risque
33:57 qui est devenu marginal.
33:58 Aujourd'hui,
33:59 il n'y a très peu,
33:59 pratiquement pas,
34:00 de séroconversions
34:02 grâce au vaccin
34:03 de l'hépatite B
34:04 depuis le début
34:06 des années 80
34:07 et puis à ce qu'on appelle
34:08 les précautions standards
34:09 chères aux hygiénistes.
34:11 La contamination
34:13 dans l'autre sens,
34:14 soignant-soigné,
34:15 c'est donc lors
34:16 d'une blessure sanglante
34:17 du soignant
34:18 pendant un geste invasif
34:20 avec ce qu'on appelle
34:21 un recontact,
34:22 c'est-à-dire qu'en fait,
34:22 l'acte continue
34:23 alors que le soignant
34:24 s'est blessé.
34:25 Ça correspondra,
34:26 paraît-il,
34:27 à peu près à un tiers
34:28 des AES.
34:28 Bon,
34:29 mais là aussi,
34:30 c'est une situation,
34:30 finalement,
34:31 il y a des rapports
34:32 du Haut Conseil de Santé
34:33 publique
34:34 qui sont sortis là-dessus.
34:35 C'est un risque
34:36 de transmission
34:37 qui est très faible
34:38 et qui dépend surtout
34:39 de la charge virale
34:40 du soignant.
34:43 Donc,
34:44 ce concept
34:44 des précautions standards,
34:45 je finirai là-dessus,
34:46 il est très important
34:49 pour les hygiénistes
34:49 et en fait,
34:50 il a été mis en place
34:52 à la fin des années 80,
34:54 début des années 90,
34:55 justement pour répondre
34:56 à la crainte
34:58 qu'avaient le personnel
34:59 et les patients
35:00 par rapport
35:01 au risque VIH
35:02 qui montait.
35:04 Donc,
35:04 depuis ce concept
35:05 des précautions standards,
35:06 il s'est élargi
35:07 à plein d'autres domaines
35:08 de l'hygiène,
35:08 pas seulement à ce risque-là,
35:10 mais à l'origine,
35:10 c'était vraiment
35:11 éviter la contamination
35:13 du personnel
35:14 ou des patients
35:15 lors d'un risque
35:17 de contact
35:17 avec des produits biologiques,
35:20 sang ou autre.
35:21 Donc,
35:22 ça soit un risque
35:22 percutané
35:23 ou une projection
35:24 sur les muqueuses
35:25 ou la peau lésée.
35:26 Et ça,
35:27 le leitmotiv,
35:29 c'est sans qu'il soit nécessaire
35:30 de connaître
35:31 le statut sérologique
35:32 du patient,
35:34 ça veut dire donc
35:34 que les précautions standards,
35:36 par définition,
35:37 elles sont identiques
35:37 pour tous les patients.
35:38 Donc,
35:39 il y a plein de précautions standards.
35:41 Au bloc,
35:43 je vais finir là-dessus.
35:46 Au bloc,
35:46 c'est un certain nombre
35:48 de pratiques
35:48 que vos encadrants
35:51 vous apprennent
35:51 pour limiter ce risque.
35:53 Je ne les détaille pas.
35:54 Donc,
35:56 en conclusion,
35:57 je voulais juste dire
36:00 que l'objectif,
36:01 et c'est ça qui explique
36:02 un peu ces changements
36:03 actuel qui peuvent
36:05 vous paraître
36:05 un peu surréalistes,
36:07 l'objectif
36:09 de ces mesures,
36:11 c'est de réduire
36:11 les infections
36:12 de sites opératoires.
36:13 Et donc,
36:14 le gold standard,
36:14 ce sont les études cliniques
36:16 qui sont ensuite
36:17 analysées
36:18 avec des méthodes
36:18 rigoureuses
36:20 d'analyse de la littérature,
36:21 comme par exemple
36:22 la méthode GRADE.
36:23 et en fait,
36:24 pendant des années,
36:24 les mesures
36:26 concernant la prévention
36:27 de l'infection
36:29 de sites opératoires
36:29 ont utilisé
36:30 comme substitut,
36:31 notamment par rapport
36:32 à la tenue,
36:32 ont utilisé comme substitut
36:34 des études microbiologiques.
36:36 Donc,
36:36 on démontrait
36:37 une diminution
36:38 des germes
36:39 dans certaines circonstances
36:40 sans que cela signifie
36:42 qu'il y ait une diminution
36:44 du risque d'ISO.
36:45 Parce qu'il n'y a pas
36:45 forcément de corrélation
36:47 entre le nombre
36:47 de bactéries
36:48 qu'on va rencontrer
36:49 dans un environnement
36:50 et la survenue
36:51 d'une infection.
36:51 Voilà.
36:52 Merci.
36:53 Applaudissements.