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00:00 Ok, donc je vous présente les résultats de l'enquête à laquelle vous avez tous participé.
00:08 Je vous remercie, vous, d'avoir participé. Je remercie le collège et la SFNC pour avoir initié et permis cette enquête.
00:20 Encore une fois, surtout vous, étant donné que c'était quelque chose qui était en plus obligatoire.
00:29 Juste en guise d'introduction, je suis tombé, comme beaucoup quand on regarde le téléphone, sur la neurochirurgie vue par Facebook.
00:38 Donc, une personne commente les exigences de la validation de la neurochirurgie.
00:48 Donc, il faut le mémoire, le publie, les ateliers, faire une année en plus.
00:54 Et puis, quand même, ça va beaucoup mieux parce que, comme on est passé au système d'astreinte, il n'y en a plus que 5 à 10 par mois.
01:00 Et on travaille entre 60 et 85 heures.
01:03 Alors, quand on regarde les commentaires qui sont trop petits, ils nous disent « Oh là là, ils sont tous fous »,
01:07 on a quand même une qui dit « Bon, quand même, ils font du bon travail ».
01:11 Mais on est quand même une spécialité un petit peu vue à part.
01:17 Le projet, c'était de décrire la santé au travail et surtout la prévalence du burn-out en neurochirurgie en France,
01:24 d'identifier ces facteurs associés, de les comparer et d'utiliser la production scientifique pour appuyer nos demandes de moyens qui sont assez souvent non perçues.
01:38 Donc, comment on a fait ? Vous avez répondu aux questionnaires qu'on a diffusés via la mailing list.
01:43 On a travaillé avec des psychologues de Rennes, professeur Michinov, docteur Rouxel.
01:49 On a eu la réponse de tous les internes, 140 et puis d'une centaine de seniors.
01:53 On a mesuré le burn-out et différentes échelles qui étaient validées et que je vais un petit peu détailler dans les résultats.
02:03 Il y avait un questionnaire de personnalité, il y avait des échelles de conflits entre le travail, la famille et inversement,
02:10 l'addiction au travail, etc. Je vais revenir dessus.
02:13 Avant ça, le burn-out, c'est quoi ?
02:15 C'est un syndrome d'épuisement professionnel qui est défini par une triade, qui est l'épuisement émotionnel,
02:21 la dépersonnalisation ou la vision cynique du travail et un accomplissement personnel bas.
02:26 Il y a une définition académique qui est validée, qui est nécessaire pour qu'on puisse comparer nos résultats,
02:30 qui est les deux catégories majeures, à savoir l'épuisement émotionnel et ou la dépersonnalisation, à un stade sévère.
02:40 Le burn-out, ça a des conséquences négatives sur la santé des soignants, évidemment, avec un lien déjà prouvé avec la dépression, le suicide,
02:50 l'absentéisme, alors ça je ne suis pas sûr que ce soit vrai pour la neurochirurgie, et puis également sur la qualité du soin.
03:01 Quelques données démographiques, une femme pour un homme en neurochirurgie en France,
03:08 on a eu la réponse d'assistants, de PH, de profs, de libéraux,
03:15 et puis on a posé la question des repos de garde, c'est globalement un tiers, un tiers, un tiers,
03:23 donc un tiers à le repos de garde systématique, d'autres non, d'autres ça dépend.
03:27 La quantité de travail, à gauche vous avez l'échelle hebdomadaire, à droite vous avez le nombre de gardes,
03:37 globalement ça fait une pente, les internes on travaille beaucoup, on fait beaucoup de gardes,
03:41 les assistants un petit peu moins, les PH encore un peu moins,
03:44 les libéraux encore un petit peu moins, c'est du déclaré,
03:47 et les profs travaillent beaucoup mais font moins de gardes.
03:52 On a exploré la personnalité en neurochirurgie avec une échelle validée,
03:59 il y a plusieurs points, il y a l'introversion, l'extraversion, l'agréabilité qui est auto-déclarée,
04:07 est-ce qu'on est consciencieux ou est-ce qu'on s'en fout, est-ce qu'on est stable émotionnellement,
04:11 est-ce qu'on est plutôt labile, est-ce qu'on est créatif, ouvert à l'expérience versus un petit peu étroit d'esprit.
04:19 Alors ça c'est la moyenne,
04:21 On est plutôt introverti, on s'autodéclare relativement agréable,
04:29 on est consciencieux, on n'a pas l'air trop névrosé, plutôt stable émotionnellement,
04:36 et plutôt créatif, ouvert à l'expérience.
04:41 Le résultat principal, on est toute statut hiérarchique confondu, interne, chef, à un taux de burn-out qui est de 45%.
04:51 Pas de différence significative entre hommes et femmes, et même s'il y a des tendances, pas de différence significative selon le statut.
05:03 Les libéraux et les profs ont quand même à l'air un petit peu moins touchés.
05:07 Et il n'y a que la sous-catégorie de la dépersonnalisation qui montrait une différence.
05:13 Donc globalement, 49% de burn-out, dans la population médicale générale, on est environ à 35%.
05:20 Quand on compare en neurochirurgie avec des études américaines, il y en a trois, deux qu'on comparait,
05:28 qui ont établi la prévalence chez les internes, avec curieusement la même échelle, une abrégée et l'autre dans sa version normale.
05:39 Alors c'était très curieux, ils ont un taux de burn-out qui varie soit de 67% ou de 37%.
05:46 Alors j'ai écrit deux fois aux deux auteurs, parce que c'était un questionnaire qui a eu dans la même année, ils ne m'ont pas répondu.
05:52 Et pour les seniors, c'était à 57%.
05:56 Donc on n'est pas très loin des résultats américains.
06:00 Comment est-ce qu'on explique, ou en tout cas quels facteurs sont associés ?
06:07 C'est assez intéressant.
06:09 Pour l'épuisement émotionnel, la première chose qui vient, et qui vient également pour la dépersonnalisation,
06:15 c'est le conflit entre comment est-ce que le travail impacte ma vie familiale,
06:20 et c'est la première chose qui est associée dans les études de régression.
06:23 On a fait une étude de régression pas à pas, et donc on regarde à chaque ajout de variable,
06:29 est-ce qu'il y a une différence significative ?
06:30 Le premier truc, c'est le conflit entre le travail et la famille.
06:33 On a tous des pressions, on va dire, personnelles sur notre temps de travail et notre implication,
06:42 et on le ressent tous, je pense.
06:43 Ensuite, c'est la personnalité névrotique, labile émotionnellement, instable.
06:50 Le plaisir au travail, lui, sans surprise, il est protecteur.
06:53 Le déséquilibre entre la somme des efforts et la somme des récompenses perçues dans le travail est délétère.
07:03 Le flow, c'est une échelle qui évalue l'approche qu'on a par rapport au travail.
07:10 Quand on est très absorbé, quand on est addict, c'est délétère, et puis quand même, la durée hebdomadaire joue.
07:18 Pour la dépersonnalisation, pareil, conflit travail-famille, le plaisir au travail est protecteur,
07:25 le nombre de gardes, quand on enchaîne un LMVD, MJS, on n'en peut plus.
07:31 On voit, enfin, on s'en fout en fait.
07:37 L'agréabilité, c'est protecteur, et le surinvestissement, c'est délétère.
07:40 L'accomplissement personnel, il est très lié à la personnalité.
07:44 Quand on est une personnalité dite agréable, créative, quand on a du plaisir au travail,
07:49 quand on est plutôt extraverti, c'est protecteur.
07:54 Également, quand on est consciencieux, et le déséquilibre effort-récompense.
07:59 Ça, c'était la régression.
08:02 On essaye d'expliquer la progression sur le score en fonction de ces différentes variables.
08:11 Maintenant, on a travaillé avec des psychologues qui ont d'autres outils auxquels on n'a pas l'habitude,
08:15 et qui essayent de catégoriser un groupe de soignants
08:20 pour essayer de prédire la survenue du burn-out
08:23 en fonction de l'approche qu'on a par rapport au travail.
08:28 Donc, ils ont découpé des groupes en fonction de l'addiction
08:33 et de l'approche qu'on a par rapport au travail.
08:37 Ils ont trouvé qu'on pouvait découper notre communauté en quatre types de personnes.
08:44 Un premier groupe qui est addict au travail,
08:48 travail excessif, compulsif,
08:51 ils sont complètement absorbés,
08:53 ils prennent du plaisir, ils sont très motivés.
08:56 Donc, les addicts.
08:57 Le deuxième, pas du tout addict,
09:00 ils ne sont pas absorbés, pas motivés, ils s'en fichent.
09:03 Le troisième groupe, ils ne sont pas addicts au travail,
09:06 mais ils sont très motivés, ils trouvent du plaisir.
09:08 Et un quatrième groupe, plutôt addict,
09:11 au travail, mais ils ne prennent pas de plaisir
09:14 dans l'exercice de la neurochirurgie,
09:16 ils ne sont pas très motivés.
09:19 C'est ce que j'ai reçu hier,
09:21 donc je n'ai pas tous les détails.
09:22 Elle a fait quatre groupes.
09:27 Et en fait, ce troisième groupe là,
09:29 en gras,
09:29 qui n'est pas addict,
09:33 qui est motivé,
09:33 c'est un groupe qui,
09:34 indépendamment de la charge de travail,
09:39 indépendamment du nombre de gardes,
09:41 a un score de burn-out
09:43 qui est beaucoup plus bas
09:43 beaucoup plus bas que les autres,
09:46 qui n'a pas de soucis à gérer le conflit
09:48 travail-famille-travail,
09:50 et qui a une personnalité
09:52 qui est globalement stable émotionnellement,
09:56 plutôt créative.
09:57 Donc c'est plutôt intéressant,
09:58 parce qu'on peut, en fait,
10:00 avant même que les gens
10:04 commencent l'exercice neurochirurgical,
10:06 définir des groupes
10:08 qui sont plus ou moins exposés.
10:12 Une dernière table sur le lien
10:14 entre le burn-out
10:15 et différents facteurs.
10:19 Le burn-out,
10:22 il y a une tendance
10:23 à avoir des idées suicidaires,
10:25 à recourir à un psychiatre,
10:27 à utiliser des stupéfiants.
10:28 Donc est-ce qu'on peut conclure
10:34 et avancer avec ça ?
10:36 La personnalité,
10:38 c'est un facteur
10:39 qui a l'air d'être indépendant
10:40 de la neurochirurgie,
10:41 c'est notre personnalité
10:42 qui est fixée,
10:43 et qui joue
10:46 et qui peut prédisposer
10:47 au burn-out.
10:48 Il y a des facteurs
10:49 qui sont quand même
10:50 dépendants de l'exercice neurochirurgical,
10:52 le déséquilibre,
10:54 le conflit, pardon,
10:55 entre le travail et la famille,
10:56 un déséquilibre
10:57 entre la somme des efforts
10:58 et la somme des récompenses.
11:00 C'est des échelles assez génériques,
11:01 mais on comprend bien
11:02 que si on passe toute notre vie
11:03 à remplir des ordonnances
11:05 et à être peu exposé au bloc,
11:07 ce déséquilibre va se créer
11:08 et tout de même
11:09 le temps de travail
11:10 et le nombre de gardes.
11:11 Qu'est-ce qu'on peut faire,
11:13 proposer ?
11:14 Et c'est à tout le monde
11:16 de réagir et de commenter ça.
11:18 Est-ce que des professions
11:21 comme la nôtre,
11:22 qui est à responsabilité,
11:24 à conditions extrêmes,
11:25 à l'instar de l'armée
11:28 ou des pilotes de ligne,
11:30 est-ce qu'on peut proposer
11:31 à cette communauté-là
11:32 un test au départ
11:35 pour pouvoir proposer
11:36 un accompagnement personnalisé
11:38 puisqu'on peut prédire
11:38 les personnes qui seront
11:39 plus exposées aux difficultés ?
11:43 La dégradation de nos conditions
11:46 de travail semble impacter
11:48 négativement notre santé.
11:49 Est-ce qu'on peut utiliser
11:51 cette production scientifique
11:54 pour appuyer nos demandes,
11:55 pour enfin être écoutés ?
11:57 Et globalement,
11:58 ces chiffres de 49%
12:00 doivent quand même
12:00 nous alerter
12:01 et j'espère qu'on arrivera
12:03 à développer une conscience
12:05 bienveillante entre collègues
12:06 pour essayer d'avancer
12:08 et puis d'aller mieux ensemble.
12:10 Merci.