1) A propos de la présentation clinique de l’hydrocéphalie chronique de l’adulte : quelle(s) est(sont) la (les) proposition(s) exacte(s) ?
A- La triade de Hakim est pathognomonique de l’hydrocéphalie chronique de l’adulte et suffit à affirmer le diagnostic
B- Les troubles cognitifs sont de type sous-corticaux (syndrome dyséxécutif, troubles attentionnels…)
C- Des manifestations neuro-psychiatriques doivent faire éliminer le diagnostic ;
D- Lorsque les signes urinaires sont la principale plainte du patient, une franche amélioration est attendue après dérivation
E- Des signes de dysfonction bulbaire peuvent être présents et ne doivent pas faire éliminer le diagnostic ;
2) A propos de l’hydrocéphalie chronique de l‘adulte, quelle(s) est(sont) la (les) proposition(s) exacte(s) ?
A- Le diagnostic peut être affirmé avec certitude par l’examen clinique
B- Il existe des signes pathognomoniques sur l’IRM
C- Tous les patients avec une amélioration clinique post-PL seront améliorés par une DVP
D- La décision de dérivation peut se prendre en RCP avec des neuroradiologues, des neurologues, des gériatres, des neurochirurgiens
E- Les hydrocéphalies secondaires (post hémorragie méningée…) sont de meilleur pronostic après dérivation
3) A propos de l’imagerie de l’hydrocéphalie à pression normale idiopathique, quelle(s) est(sont) la (les) proposition(s) exacte(s) ?
A- Les scissures latérales sont élargies dans l’hydrocéphalie à pression normale idiopathique
B- Les espaces sous-arachnoïdiens de la convexité sont également élargis
C- La taille ventriculaire diminue à vue d’œil après la mise en place d’une DVP dans une hydrocéphalie à pression normale idiopathique
D- Un hypersignal flair péri-ventriculaire sur une IRM est pathognomonique d’une hydrocéphalie à pression normale idiopathique
E- Les cornes temporales ne sont pas dilatées dans l’hydrocéphalie à pression normale idiopathique
4) Quelle(s) est (sont) la (les) réponses correcte(s) concernant la ponction lombaire évacuatrice réalisée pour diagnostiquer une hydrocéphalie chronique ?
A- La douleur liée à la PL est minime, aucune anesthésie n’est nécessaire
B- Un syndrome post ponction lombaire doit être systématiquement prévenu
C- Les éventuels anticoagulants doivent être suspendus avant la ponction
D- L’analyse du LCS lors d’une PL évacuatrice n’est pas utile
E- L’absence d’amélioration clinique après la ponction évacuatrice permet d’écarter le diagnostic
5) Concernant le contexte de pose d’une dérivation ventriculo-péritonéale ou atriale (DVP, DVA), quelle(s) est (sont) la (les) proposition(s) exacte(s) ?
A- L’implantation peut se faire en réanimation
B- L’implantation doit se faire dans une salle opératoire avec un niveau d’asepsie maximale
C- Une antibioprophylaxie per opératoire est indispensable
D- Un traitement anti comitial est injecté en début d’intervention
E- Le personnel en salle d’opération doit être réduit au minimum
L’hydrocéphalie est définie comme un trouble de la circulation du liquide cérébrospinal (LCS), responsable de symptômes cliniques "Hydrocéphalie chronique de l’adulte". Le terme hydrocéphalie chronique de l’adulte désigne l’association d’une triade clinique (troubles de la marche, troubles sphinctériens, troubles des fonctions supérieures) à une dilatation ventriculaire. Cette définition n’inclut pas un mécanisme particulier Physiologie sécrétion et circulation LCS : une hydrocéphalie chronique peut être communicante (par exemple hydrocéphalie post traumatisme crânien), ou non communicante (par exemple hydrocéphalie par sténose idiopathique de l’aqueduc). Lorsqu’une cause, comme une hémorragie, une intervention neurochirurgicale, une tumeur, une infection… peut être identifiée, il s’agit d’une hydrocéphalie chronique secondaire. Lorsqu’aucune cause n’est identifiable, le terme le plus souvent utilisé est celui hydrocéphalie à pression normale idiopathique (HPNi). L’HPNi est une pathologie du sujet âgé, largement sous diagnostiquée et sous traitée, qui retenti de manière importante sur l’autonomie et la qualité de vie des personnes atteintes .
Clinique
Les signes cardinaux de l’hydrocéphalie chronique de l’adulte sont regroupés dans la triade de Adams et Hakim : troubles de la marche, troubles sphinctériens, troubles des fonctions supérieures. Ces signes s’installent progressivement, parfois de manière insidieuse. La triade n’est pas forcément complète, mais les troubles de la marche sont quasi constants. Hydrocéphalie chronique de l’adulte / Présentation clinique & diagnostics différentiels
Hydrocéphalie secondaire à un une hémorragie méningée ou un traumatisme crânien sévère : c’est parfois un retard de réveil en réanimation ou une stagnation des progrès réalisées en rééducation qui peuvent révéler une hydrocéphalie évolutive.
Explorations paracliniques :
– Imagerie. Imagerie de l’hydrocéphalie chronique de l’adulte
L’imagerie cérébrale est au centre du diagnostic d’hydrocéphalie. Une augmentation du volume ventriculaire (ventriculomégalie) est le signe cardinal de l’hydrocéphalie, mais ne suffit pas à poser le diagnostic.

Figure 1 : IRM T2 FLAIR en coupe axiale révélait une résorption trans-épendymaire en regard des cornes frontales sous forme d’un hypersignal.
Plusieurs signes radiologiques aident à différencier hydrocéphalie et dilatation ventriculaire passive (diminution du volume du parenchyme cérébral avec augmentation résiduelle du volume ventriculaire, sans pathologie de la circulation du LCS). Ces signes sont visualisés à la fois en IRM et en scanner. Il s’agit de l’aspect de bloc suprasylvien ou DESH (disproportionately enlarged subarachnoid space hydrocephalus) :
L’IRM permet d’évaluer les comorbidités (atteintes de la substance blanche d’origine vasculaire…)
– Hydrodynamique.
Une des caractéristiques de l’hydrocéphalie est l’amélioration clinique après soustraction de LCS. Plusieurs méthodes ont été développées pour évaluer les patients suspects d’hydrocéphalie. La technique la plus courante est la réalisation d’une ponction lombaire soustractive, permettant de retirer 30 à 50 millilitres de LCS. L’évaluation des capacités motrices ou des performances psychométriques avant et après la soustraction permet de mesurer une éventuelle différence. Une amélioration après soustraction est très évocatrice d’hydrocéphalie. L’absence d’amélioration ne permet cependant pas d’éliminer le diagnostic (valeur prédictive négative faible). Analyses hydrodynamiques
Afin d’améliorer la performance diagnostique de la soustraction, des protocoles augmentant les volumes ou les durées de soustractions sont proposés (dérivations externes, lombaire ou ventriculaire dans les cas d’évolutions subaiguës en sortie de réanimation en particulier). LA littérature ne fournis pas de critères fiables et reproductibles permettant de sélectionner les patients candidats à une dérivation par ces moyens.
Le test d’infusion est une ponction lombaire soustractive a laquelle est associée une mesure de pression dynamique lors de l’injection d’un substitut de LCS. L’analyse de l’aspect de la courbe de pression intracrânienne (lors du test d’infusion ou lors de mesures dédiées), peut également permettre d’identifier des aspects suggérant une hydrocéphalie (ondes B, élévation nocturne de la pression intracrânienne…). Développement du LCS et des espaces liquidiens du SNC L’analyse du LCS prélevé lors de ces explorations permet de s’assurer de sa normalité, de doser les marqueurs de neuro dégénérescence, rechercher d’éventuelles cellules tumorales.
– Aides au diagnostic et à la caractérisation d’éventuels diagnostics différentiels.
De nombreux examens complémentaires peuvent permettre de mieux différencier hydrocéphalie et autres pathologies neurologiques responsables de symptômes similaires : DAT scann pour rechercher une dénervation dopaminergique, analyse des mouvements oculaires, échodoppler des membres inférieurs pour rechercher une artériopathie, IRM spinal pour rechercher un canal lombaire étroit ou une myélopathie selon la clinique… Le bilan urodynamique permet de mieux caractériser les problèmes sphinctériens.
Traitement
Le traitement d’une hydrocéphalie est chirurgical et repose avant tout sur la mise en place d’une dérivation du LCS. Comment fonctionne une valve ? Le principe d’une dérivation est de prélever du LCS au niveau du système nerveux, le plus souvent les ventricules (dérivation ventriculaire), mais aussi les espaces sous arachnoïdiens spinaux (dérivation lombaire), et de l’emmener soit vers une zone de résorption lui permettant de regagner la circulation sanguine : péritoine dans la dérivation (ventriculo ou lombo) péritonéales (DVP, DLP), la plèvre, … soit directement dans la circulation sanguine (dérivation ventriculo atriales, DVA). Techniques chirurgicales : implantation d’une dérivation ventriculo-péritonéale.
Un système de régulation de l’écoulement du LCS dans la dérivation permet de limiter l’hyperdrainage. Il s’agit de la valve. Deux types de valves existent : les valves à régulation de pression qui laisse s’écouler le LCS lorsque la pression du LCS atteint un certain seuil. Ce seuil peut être déterminé en usine (valve à pression fixe) ou réglable par le neurochirurgien à l’aide d’un dispositif spécifique ne nécessitant pas de ré intervention (valves réglables). Les valves à régulation de débit sont conçues pour laisser passer la même quantité de LCS, quel que soit la pression intracrânienne. Les données de la littérature sont faibles pour guider le choix du meilleur dispositif.
L’utilisation de la neuronavigation permet d’optimiser la position du cathéter ventriculaire pour assurer la meilleure fonctionnalité possible.
L’implantation d’une dérivation est le plus souvent réalisée sous anesthésie générale, mais les DVA et les DLP peuvent facilement être implantées sous anesthésie locale, en particulier chez les patients fragiles. Dérivation ventriculo atriale
D’autres dispositifs peuvent être ajoutés sur la dérivation pour améliorer leur performance :
1) B
2) DE
3) A (C : faux - outils spécialisés ou morphométriques, D : faux - leucopathie)
4)
A- Faux : essayez sur vous ! Angoisse du patient est toujours importante. La prise en charge de la douleur doit être systématique et efficace (MEOPA, anesthésie locale)
B- Faux : l’amélioration après PL est l’équivalent du syndrome postPL du sujet sans hydrocéphalie. La mesure de prévention du syndrome postPL la plus efficace (utilisation d’une aiguille à pointe atraumatique et de petit calibre) est donc à proscrire (long et contre-productif). L’incidence du syndrome post PL dans ce contexte est très faible (<1%)
C- Vrai : PL non urgente dans ce cadre, complication éventuelle difficilement justifiable.
D- Faux : recherche de diagnostiques différentiels, test d’infusion
E- Faux
5) BCE